Gunnar Sonsteby, né le 11 janvier 1918 à Rjukan et mort le 10 mai 2012 à Oslo, reste le résistant norvégien le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale. Connu sous le nom de code Agent 24, il a dirigé le groupe de sabotage Oslogjengen contre l’occupation nazie. Pour qui cherche à approfondir le sujet au-delà des biographies classiques, les documents, photos et ressources disponibles sont dispersés entre archives nationales, monuments publics et plateformes numériques récentes.
Archives photographiques de Gunnar Sonsteby : où chercher au-delà de Wikimedia
La photo la plus diffusée de Gunnar Sonsteby le montre en 2008, âgé, lors d’une cérémonie à Oslo. Elle circule sur Wikimedia Commons et illustre la quasi-totalité des articles encyclopédiques. Cette image est libre de droits, ce qui explique sa surreprésentation.
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Les clichés de la période de guerre sont plus rares et plus difficiles d’accès. La clandestinité imposait de ne laisser aucune trace visuelle. Les portraits en uniforme ou les photos de groupe prises après la Libération se trouvent principalement dans les fonds du Musée de la Résistance norvégienne (Norges Hjemmefrontmuseum), installé dans la forteresse d’Akershus à Oslo.
Des photographies de ses funérailles nationales en mai 2012 ont été diffusées par les agences de presse scandinaves. Elles montrent la présence du roi Harald V, ce qui donne une idée du statut accordé à Sonsteby dans la mémoire officielle norvégienne.
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Statues et lieux de mémoire liés à Gunnar Sonsteby : Oslo et Rjukan
La statue la plus connue se trouve dans le centre d’Oslo. Elle représente Sonsteby avec son vélo, au moment précis où il aurait décidé de rejoindre la résistance en voyant un bataillon nazi marcher vers le Parlement norvégien. Cette scène est documentée par ses propres témoignages d’après-guerre.
Un second monument existe à Rjukan, sa ville natale, dans le Telemark. Ce lieu est moins mentionné dans les articles en ligne, alors qu’il s’inscrit dans un parcours patrimonial plus large. Rjukan est devenue une destination touristique associée à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, notamment grâce à la proximité du site de l’usine d’eau lourde de Vemork.
Pour les visiteurs, Rjukan offre un contexte territorial que la statue d’Oslo ne peut pas restituer. On y perçoit l’isolement géographique du Telemark, la rudesse du terrain et les conditions dans lesquelles la résistance norvégienne a opéré. La statue y est explicitement associée au groupe Oslogjengen.
Autobiographie et sources écrites sur l’Agent 24
Le document de première main le plus accessible reste l’autobiographie de Sonsteby, publiée en norvégien sous le titre Rapport fra nr. 24. Ce livre a été traduit en anglais sous le titre « Report from Number 24 ». Il couvre l’ensemble de son activité clandestine, des premiers actes de résistance en 1940 jusqu’à la libération en 1945.
Plusieurs éléments distinguent ce texte des mémoires de résistants d’autres pays :
- Le ton est factuel, presque administratif, fidèle à la formation de comptable de Sonsteby avant la guerre. Il décrit les opérations de sabotage comme des missions logistiques.
- Les noms de code, itinéraires et planques sont détaillés avec une précision qui en fait une source primaire pour les historiens de la résistance scandinave.
- L’ouvrage ne s’attarde pas sur l’héroïsme personnel, ce qui le distingue de récits plus romancés comme ceux consacrés à Max Manus.
L’article Wikipédia en français sur Gunnar Sonsteby, créé en 2009, synthétise les grandes lignes biographiques. En revanche, la version norvégienne de la page est plus détaillée sur les opérations militaires et les décorations reçues, dont la Croix de guerre avec trois épées, distinction exceptionnelle en Norvège.
Regard critique sur la mémoire de Sonsteby : une tendance récente
Depuis 2024, des comptes d’histoire sur TikTok, notamment le compte norvégien okkupertenorge, interrogent la place accordée à quelques figures comme Gunnar Sonsteby et Max Manus dans la mémoire collective. Leur argument : d’autres résistants au même niveau sont restés dans l’ombre après-guerre, et la sélection des héros nationaux a obéi à des mécanismes qui méritent d’être examinés.
Cette critique de la hiérarchie mémorielle ne remet pas en cause les faits d’armes de Sonsteby. Elle questionne plutôt pourquoi certains noms ont été retenus par l’histoire officielle tandis que d’autres ont été oubliés. Les données disponibles ne permettent pas de conclure sur les raisons exactes de cette sélection, mais plusieurs pistes sont avancées :
- La publication précoce de son autobiographie a fixé le récit avant que d’autres voix ne s’expriment.
- Son implication dans la vie publique norvégienne après la guerre, notamment dans le secteur privé, lui a donné une visibilité que d’autres résistants n’ont pas eue.
- Le groupe Oslogjengen, basé dans la capitale, bénéficiait d’une couverture médiatique que les réseaux ruraux n’avaient pas.
Cette évolution du regard sur la résistance norvégienne constitue un angle documentaire à part entière pour qui s’intéresse à Gunnar Sonsteby aujourd’hui.

Ressources numériques pour approfondir le parcours de Gunnar Sonsteby
Les sources en ligne francophones restent limitées. L’article le plus structuré en français est celui de revue-histoire.fr, qui contextualise le parcours de Sonsteby dans l’histoire de la campagne de Norvège. La page Facebook « Rudolph de Patureaux – chroniques historiques » a publié en avril 2025 un portrait détaillé qui replace le résistant dans son contexte social, celui d’un jeune comptable devenu chef de réseau clandestin.
Pour aller au-delà du français, le Musée de la Résistance norvégienne propose des ressources en ligne en norvégien et en anglais, incluant des documents d’archives numérisés. Le site du musée reste la porte d’entrée la plus fiable pour accéder à des photographies authentifiées et à des transcriptions de témoignages.
Ressources audiovisuelles
Le film « Max Manus » (2008) met en scène certains épisodes de la résistance dans lesquels Sonsteby a joué un rôle, même si le personnage principal n’est pas lui. Ce long-métrage reste l’une des rares productions cinématographiques accessibles qui évoquent le contexte opérationnel dans lequel Agent 24 a agi.
La mémoire de Gunnar Sonsteby se construit désormais autant sur les réseaux sociaux que dans les archives institutionnelles. Les documents de première main, l’autobiographie en tête, gardent une valeur irremplaçable. Les lieux physiques de Rjukan et d’Oslo offrent une dimension que les écrans ne restituent pas. Pour qui souhaite dépasser le portrait résumé, croiser les sources norvégiennes avec les archives muséales reste la méthode la plus productive.

