Le kudzu, cette plante surprenante venue d’Asie

Un pied de vigne qui grimpe à la vitesse d’un ascenseur en panne, ça intrigue. Le kudzu, plante originaire d’Asie, ne fait rien comme les autres : venu de l’Extrême-Orient, il s’est taillé une place de choix dans la pharmacopée chinoise, où on lui confie depuis des siècles la lourde tâche d’aider à tourner la page des addictions.

Le kudzu se révèle un allié inattendu pour ceux qui veulent s’éloigner de l’alcool, du tabac, des drogues, du sucre, du café ou du chocolat. Il n’oublie personne sur le chemin : les sportifs à la recherche de performance ou les travailleurs en quête d’apaisement y trouvent aussi leur compte. Son usage s’est tellement répandu qu’on trouve aujourd’hui quantité de témoignages en ligne, à l’image de Laurence, ancienne fumeuse, qui rapporte :

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« Pour moi, le kudzu a été plus efficace que le patch. Depuis, je n’ai pas dépassé deux cigarettes, et je n’en ai pas eu envie. Même leur goût m’a paru différent. »

Un « évier d’ivresse » singulier

Le kudzu appartient à la grande famille des fabacées, tout comme les haricots, pois, lentilles, arachides, soja, réglisse ou glycine. Les fleurs violettes du kudzu rappellent d’ailleurs celles de la glycine, poussant en grappes compactes. Son surnom chinois, « évier d’ivresse », n’est pas volé. Le Dr David Lee a constaté que dans le nord de la Chine, on préparait du kudzu en tisane pour affronter et écourter les lendemains trop arrosés.

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En 1991, ce même Dr Lee a voulu mesurer l’effet du kudzu sur des rats ayant consommé de l’alcool. Résultat : meilleure coordination, moins de signes d’ivresse. L’année suivante, il a proposé à l’équipe du Bowles Centre for Alcohol Studies, en Caroline du Nord, de tester le kudzu sur des rats prédisposés à aimer l’alcool. Résultat : les rongeurs « alcooliques » consommaient moins et semblaient plus calmes.

En 2011, prenant la suite, les chercheurs de l’Université Harvard ont mené une étude auprès d’hommes et de femmes habitués à boire 3 à 4 pintes de bière par jour. Deux observations majeures sont ressorties :

Voici ce que les scientifiques ont constaté chez les personnes ayant pris du kudzu plutôt qu’un placebo :

  1. Leur envie de consommer de l’alcool diminuait nettement par rapport au groupe placebo.
  2. Leur sensibilité à l’alcool augmentait : plaisir de l’ivresse atteint plus rapidement, avec moins de quantité.

Le kudzu se montre aussi efficace pour tempérer le stress aigu lié à la dépendance ou au sevrage. Pourtant, à ce jour, il manque encore des études cliniques de grande ampleur sur cette plante. Les chercheurs ont cependant pu décrypter une bonne part de ses mécanismes d’action.

Ce que la racine de kudzu renferme

La richesse du kudzu réside dans ses racines, véritables concentrés d’isoflavones de la famille des flavonoïdes. Parmi elles : la daidzéine, reconnue pour ses effets anti-inflammatoires et antimicrobiens, la génistéine, agent antileucémique, et surtout la puerarine, une molécule que l’on ne retrouve que dans le kudzu, d’où son nom latin, pueraria.

Ces isoflavones agissent comme antioxydants et limitent les dégâts causés par l’alcool. Plusieurs études montrent qu’elles stimulent la production de substances comme la dopamine, la sérotonine, le GABA ou le glutamate, autant de neurotransmetteurs qui modulent notre humeur et notre sensation de bien-être.

Lorsque l’on consomme alcool, tabac, drogues ou sucre, c’est la dopamine qui est sollicitée. Elle procure une sensation de détente, d’apaisement, de plaisir, mais pour peu de temps. Les isoflavones du kudzu, elles, agissent directement sur ce fameux circuit de la récompense, en encourageant la production naturelle de dopamine sans passer par la case « substance ». Résultat : la tentation d’une nouvelle cigarette, d’un verre de trop ou d’un carré de chocolat s’éloigne.

À la clé, c’est une vigilance retrouvée, du temps et de l’énergie gagnés. Les finances s’en ressentent aussi. Les personnes qui entament un sevrage accompagné de kudzu rapportent moins d’irritabilité et une patience retrouvée, même quand l’entourage teste leurs nerfs. L’air devient plus respirable, on ne sent plus la cigarette, les poumons récupèrent, grimper les escaliers ne relève plus de la performance. La peau s’adoucit, le teint s’éclaircit, d’autant plus si l’on met aussi de côté le sucre et le chocolat.

La liste des bénéfices pourrait s’étendre, mais l’essentiel est là : le kudzu vient compenser le plaisir procuré d’ordinaire par la substance addictive, tout en facilitant la sortie du cercle vicieux de la dépendance. Et sans chaîne, la vie s’éclaire d’un jour nouveau.

Le kudzu permet donc une transition en douceur, pour remplacer progressivement la « drogue » habituelle.

Autre bonne nouvelle : les animaux testés ne semblent pas développer d’accoutumance au kudzu, ce que l’on a aussi constaté chez l’humain. Cette absence de tolérance accrue est précieuse. Plusieurs études ont aussi validé la sécurité d’utilisation du kudzu. Seule réserve : les isoflavones ne sont pas recommandées en cas d’antécédent de cancer du sein.

Le kudzu offre encore d’autres atouts : il contient des saponosides, substances qui protègent les cellules et préservent le foie.

En dehors du terrain des addictions, le kudzu possède des vertus apaisantes contre le stress et favorise un sommeil réparateur.

Il intervient également pour améliorer la digestion et le transit intestinal.

Comment utiliser le kudzu ?

Les isoflavones utiles pour sortir des dépendances se concentrent dans la racine de kudzu. Réduite en poudre, elle se conditionne en gélules pour une prise simplifiée.

On conseille généralement de débuter par au moins deux gélules par jour pour ressentir les premiers effets. En phase plus intensive, prendre deux gélules matin, midi et soir se montre efficace.

À chacun de trouver son rythme, et peut-être, sa nouvelle liberté.

Ericmüller