2019 n’a pas seulement sonné le glas de quelques certitudes : elle a ouvert une ère inédite pour le CBD en Europe. Cette année-là, la Commission européenne a rebattu les cartes du catalogue des nouveaux aliments en y intégrant l’ensemble des extraits de chanvre, et pas seulement les versions enrichies en CBD. Désormais, toute substance issue de Cannabis sativa L. qui n’est pas une graine tombait dans un flou réglementaire, laissant feuilles et fleurs dans un angle mort juridique dont personne ne voulait vraiment s’emparer.
La CDB en Europe : législation aux niveaux national et européen
La révision de la position européenne n’a pas manqué de susciter des réactions. L’Association européenne du chanvre industriel (EIHA) a dénoncé une mesure jugée « inutile, illogique et illégale ». Car même si les extraits de chanvre ne sont pas explicitement interdits, des États membres ont multiplié des mesures jugées disproportionnées. L’industrie, de son côté, se souvient qu’en 1998, une lettre du Comité permanent PAFF de l’UE avait ouvert la voie à vingt ans de décisions commerciales. Mais janvier 2019 a marqué un véritable tournant pour la filière.
À l’échelle de l’Union, le CBD était jusqu’alors considéré comme un nouvel aliment interdit à la commercialisation. Ce n’est plus le cas. À la suite d’un arrêt de la CJUE, la Commission s’aligne : le CBD ne relève pas de la catégorie des stupéfiants. Désormais, les produits au CBD peuvent circuler librement entre États membres, comme n’importe quelle denrée autorisée. La Commission européenne l’a écrit noir sur blanc en novembre 2020 : « le CBD peut être qualifié de nourriture ». Le même jour, la Commission des stupéfiants des Nations Unies a reclassé le cannabis. Pour le secteur, c’est un virage : la décennie à venir s’annonce fertile pour le marché du CBD.
Changements dans la définition de l’UE
Europe et zone grise, une histoire sans fin. Le CBD n’a jamais figuré sur la liste officielle des compléments alimentaires de l’UE. Si la directive 2002/46/CE reste la référence, tout ingrédient autre que vitamines et minéraux relève de normes nationales ou de législations européennes particulières. La Commission a donc revu son évaluation : le CBD n’est pas un narcotique, a tranché la CJUE. Résultat : les produits à base de CBD circulent de plus en plus, même si les contours réglementaires restent mouvants.
Dans une lettre diffusée un mercredi, la Commission européenne confirme la tendance. Les Nations Unies, le même jour, reprogramment le cannabis. Pour la filière chanvre, ces décisions sont décisives. Sur le terrain pourtant, la répression reste vive dans plusieurs pays européens. Des entreprises continuent de subir des pressions malgré ce cadre évolutif.
Jugement de la Cour sur des extraits de chanvre
Deux études scientifiques présentées à l’OHMI rappellent que le chanvre, ou cannabis, a sa place dans l’alimentation, sous forme d’huiles, d’infusions, de pâtisseries ou de boissons, alcoolisées ou non. Les analyses révèlent des taux de THC très faibles, bien en dessous du seuil de 0,2 %, sans effet psychotrope.
L’article 4 de la directive 88/388 précise par ailleurs que les arômes utilisés ne doivent contenir aucune substance dangereuse sur le plan toxicologique. Résultat : le terme « cannabis » n’est pas réservé aux drogues, ni à un usage médical. Le chanvre trouve légalement sa place dans l’alimentation et les boissons.
Cyrus Badde, dirigeant d’un site de vente de CBD, résume la situation : « Maintenant que le CBD est retenu comme aliment, il serait logique de cesser d’appliquer la notion de nouveauté à ses extraits et à l’huile de CBD, et de les traiter comme des aliments classiques. » Pour lui, la chasse aux sorcières menée contre les entreprises du secteur doit cesser. Nombre de producteurs ont vu leurs extraits de chanvre recalés en raison d’un simple étiquetage.
Les normes de sécurité alimentaire, elles, n’ont jamais disparu. Les agriculteurs européens surveillent leurs cultures de près pour rester dans la limite légale du taux de THC. Déclarer le CBD ou le CBG comme « nouveaux » ne fait que compliquer la tâche des petites exploitations. Beaucoup respectaient déjà les exigences sanitaires bien avant les nouvelles règles de 2019, mais cette vague réglementaire a bousculé tout le secteur.
La clarification européenne accélère l’acceptation du CBD, favorise un essor rapide du marché et rassure les investisseurs, qui s’étaient déjà positionnés, souvent à leurs risques et périls, sur la filière. Désormais, les règles du jeu se précisent. Mais les lois nationales continuent, elles aussi, de réserver leur lot de surprises.
Quelle est la législation CBD/THC en Italie ?
L’Italie, par exemple, a récemment fait parler d’elle au Parlement. Une résolution de la commission de l’agriculture propose d’aligner le taux de THC autorisé dans le chanvre industriel sur le seuil mondial : 0,3 % contre 0,2 % actuellement. Elle réclame aussi un encadrement de la vente de biomasse sèche ou de parties de la plante, avec un taux de THC inférieur à 0,2 %. Pour l’instant, aucune limite officielle n’encadre le CBD ou le THC dans l’alimentation. La résolution demande à combler ce vide.
Pour contourner la « zone grise » autour des feuilles et fleurs de chanvre, certaines entreprises transalpines enregistrent leurs produits à base de fleurs de CBD comme aliments pour animaux. Mais il reste interdit de déclarer les extraits purs de CBD comme aliments pour animaux, qu’il s’agisse de denrées pour animaux de compagnie ou non.
D’autres pays observent la même stratégie de réétiquetage. En Autriche, la société CannHelp a retiré ses produits à base de CBD des rayons pour les reclasser en « produits aromatiques ».
Qu’est-ce que la législation CBD/THC en Allemagne ?
En Allemagne, le couperet est tombé en mars 2019 : l’Office fédéral de la protection des consommateurs a interdit le CBD dans l’alimentation, sauf s’il bénéficie d’une autorisation spécifique. Dès avril, des entreprises telles que Nordic Oil ont subi des perquisitions et vu leurs produits saisis. En Bavière, la répression est particulièrement marquée, mais d’autres régions, comme Hambourg, ont aussi été visées pour suspicion de trafic.
Paradoxalement, l’Allemagne demeure le plus grand marché européen pour le CBD, avec des ventes estimées à 1,8 milliard d’euros sur l’année.
L’huile de CBD devient un nouvel aliment en Espagne
L’Espagne, de son côté, a vu ses règles évoluer. Le marché mêle acteurs espagnols et étrangers, qui vendent graines, engrais, bières au chanvre, huiles et crèmes au CBD. Tous opèrent dans une zone grise, tolérés à condition de respecter certaines règles.
Désormais, impossible de vendre un produit contenant de l’huile de CBD si son taux de THC dépasse 0,2 %. La réglementation s’appuie sur le droit international. Toute graine de chanvre doit par ailleurs provenir du catalogue européen agréé. En avril 2019, l’agence espagnole pour la consommation et la sécurité alimentaire a rappelé que les huiles de CBD et les extraits de Cannabis sativa L. sont classés parmi les nouveaux aliments.
Le THC est classé comme stupéfiant en Suède
En Suède, la Cour suprême a tranché : toute huile de CBD contenant du THC, même à faible dose, relève de la catégorie des stupéfiants. L’Agence suédoise des produits médicaux refuse, par ailleurs, de considérer les produits au CBD comme des médicaments. Depuis 2017, huit entreprises ont été interdites de commercialisation de compléments alimentaires au CBD. Fait marquant : la Suède domine le classement européen des notifications CBD auprès du système d’alerte rapide alimentaire (RASFF), avec 14 signalements sur 35 pour l’UE.
Classification fiscale polonaise pour les huiles CBD
En Pologne, la fiscalité distingue clairement les produits. Les huiles de CBD sont taxées à 5 %, au même titre que les huiles alimentaires, tandis que le cannabis médical subit une TVA de 23 %. Les contrôles se sont durcis : plus de 20 boutiques ont vu leurs stocks confisqués par la police ou les autorités sanitaires.
Le cannabis classé comme « autre tabac à fumer » en Belgique
En mai, la Belgique s’est démarquée en publiant une directive : les fleurs de chanvre séchées contenant du CBD et un taux de THC limité à 0,2 % sont légales et considérées comme « autres tabacs à fumer ». Elles peuvent être consommées par combustion, mais sont soumises à une taxe de 30 % et à une TVA supplémentaire de 21 %. Les autorités sanitaires appellent néanmoins les fabricants à signaler leurs produits avant toute commercialisation.
Le CBD en Europe : Ukraine et Slovaquie, Pratiquement illégal
L’Ukraine maintient un seuil de THC très bas, fixé à 0,08 % pour la production de semences et de fibres. En Slovaquie, la situation est encore plus restrictive : CBD et THC sont tous deux interdits, hormis pour la culture de variétés industrielles approuvées, et seulement si le taux de THC reste sous 0,2 %. L’extraction de CBD à partir de ces plantes reste prohibée. Le secteur pharmaceutique cherche à faire évoluer la législation, sans grand succès jusqu’ici.
Roumanie : application du droit pénal
En Roumanie, toute substance comestible issue du cannabis relève du droit pénal. Pourtant, le marché existe : le Centre européen de surveillance des drogues a recensé herbes, huiles et e-liquides au CBD en vente dès 2019.
La CDB en Europe : la Bulgarie face à la réglementation
Dans certains États membres, la transposition des lignes directrices européennes sur le CBD tarde. La Bulgarie aurait, selon des sources, récemment délivré une première licence permettant la commercialisation de produits alimentaires au CBD, mais la réglementation reste à préciser.
CBD « Droga soft » aux Pays-Bas
Les Pays-Bas, premier producteur européen de chanvre, appliquent une législation héritée de la loi sur l’opium : distinction entre drogues « dures » et « douces ». Le CBD n’est pas légal, mais sa vente est tolérée comme « drogue douce ». Depuis 1999, le chanvre destiné à la fibre avec moins de 0,2 % de THC est autorisé. Pourtant, la production d’huiles de CBD demeure illicite sur le sol néerlandais, car les extraits végétaux sont interdits. Le chanvre cultivé localement est donc expédié à l’étranger pour transformation. Les produits contenant du CBD ne doivent pas dépasser 0,05 % de THC. Les isolats de CBD et extraits de THC ne peuvent pas être vendus au public, mais leur exportation est permise.
Suisse : 1 % de THC autorisé
En Suisse, le seuil légal de THC a été relevé à 1 % en 2011. Depuis 2016, la commercialisation de produits de cannabis à faible teneur en THC s’est envolée, sous l’appellation de « produits de substitution du tabac ». Ces produits sont soumis à des messages sanitaires obligatoires et à une fiscalité spécifique. Une fois la règle connue, l’offre de produits à moins de 1 % de THC a explosé sur le marché.
Grande-Bretagne : le CBD comme nouvel aliment légal
Au Royaume-Uni, leader européen du marché du CBD, le THC figure parmi les substances contrôlées par la loi sur les drogues de 1971. D’autres cannabinoïdes, comme le CBN et le CBDV, sont également régulés. Seul le CBD isolé, à l’état pur, échappe à la réglementation sur les stupéfiants. La culture du cannabis nécessite une licence délivrée par le Home Office, réservée aux distributeurs médicaux ou sociétés de compléments alimentaires. Les produits CBD doivent porter un étiquetage conforme au règlement de 2003 sur les compléments alimentaires. La vente de fleurs et de bourgeons de chanvre est interdite, tandis que les extraits et produits dérivés sont considérés comme nouveaux aliments et doivent obtenir une autorisation. Selon la Food Standards Agency, aucun extrait de CBD n’est encore autorisé comme nouvel aliment, ce qui place la plupart des produits actuellement sur le marché en infraction avec les règles récentes.
Les fleurs de CBD, en savoir plus
Comme vu précédemment, plusieurs pays ont autorisé la légalisation du CBD, cependant, ce n’est pas le cas pour tous. Le CBD peut se décliner sous diverses formes, comme en baume ou en huile mais à l’origine, c’est une fleur, la fleur de CBD. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller consulter un site intéressant pour en apprendre davantage sur les fleurs de CBD, leurs effets ou encore leurs prix.
Les fleurs de CBD, qu’est-ce que c’est ?
Le CBD commence à être de plus en plus reconnu comme produit relaxant. En effet, les fleurs notamment, possèdent des aspects très relaxants. Pour les personnes souffrant de problèmes de sommeil ou de stress par exemple, le CBD est une façon légale et sans danger de se relaxer. En France, les diverses variétés de fleurs de chanvre sont légalisées. Avec les effets que ces dernières assurent lorsqu’elles sont consommées, de plus en plus de personnes ont tendance à en acheter.
Les différentes fleurs de CBD
Comme dit auparavant, il y a plusieurs variétés de fleurs de CBD. Il y a les fleurs de CBD Indica et les fleurs de CBD Sativa. Chacune de ses variétés possède ses propres caractéristiques et ses propres particularités.
En filigrane, la législation européenne sur le CBD dessine une carte mouvante, où chaque État avance à son rythme entre ouverture et prudence. Difficile de prédire comment se dessinera le prochain paysage réglementaire, mais une chose est sûre : la dynamique ne semble pas près de s’essouffler.


