Un homme sur cent. C’est la statistique qui claque, implacable : le cancer du sein ne se conjugue pas seulement au féminin. Derrière ce chiffre, des visages, des histoires, et une réalité encore méconnue. Ce cancer, lorsqu’il attaque un homme, le fait souvent dans l’ombre, rendant le combat plus ardu dès le départ. Le diagnostic tardif n’est pas rare. Mieux vaut donc s’armer de connaissances, pour ne pas laisser la maladie gagner du temps.
Qu’est-ce que le cancer du sein chez l’homme ?
On l’oublie trop souvent : les hommes possèdent eux aussi des tissus mammaires, même s’ils sont bien moins développés que chez les femmes. Le cancer du sein homme représente à peine 1% des cas, mais il n’en est pas pour autant anecdotique. Le taux de survie à 5 ans avoisine les 80%, une statistique encourageante, mais qui masque une difficulté majeure : ce cancer est fréquemment repéré tardivement, ce qui complique la riposte. Dans plus de 80% des cas, il s’agit d’un cancer canalaire, qui prend naissance dans les canaux galactophores ou à leurs extrémités. Ces tumeurs apparaissent quand les cellules se multiplient sans contrôle, formant une masse maligne.
Chez l’homme, ces canaux galactophores existent mais restent « infantiles », c’est-à-dire sous-développés, et aucun lobule n’est présent. Cette particularité s’explique par l’action des hormones masculines à la puberté, qui freinent le développement mammaire. Chaque année en France, environ 500 hommes apprennent qu’ils sont touchés par un cancer du sein, la plupart ayant franchi le cap des 60 ans.
Cancer du sein chez les jeunes hommes
Le cancer du sein précoce chez l’homme reste rare, mais il peut survenir avant 20 ans. Aux États-Unis, les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ un homme sur 15 000 reçoit ce diagnostic avant 40 ans. Même si ces situations demeurent exceptionnelles, elles existent bel et bien. Les statistiques montrent que 2 à 3 % des cas de cancer du sein, hommes et femmes confondus, se déclarent avant 40 ans. Dans ces cas-là, la génétique occupe une place centrale : les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 sont souvent en cause.
Le cancer du sein humain et l’environnement
Les facteurs de risque du cancer du sein chez l’homme ne se limitent pas à l’hérédité. La littérature scientifique a identifié plusieurs éléments qui augmentent les probabilités de développer la maladie. Voici les principaux facteurs environnementaux à surveiller :
- Le tabac, classé dans le groupe 1 des causes de cancer par le Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC). Même si la frontière entre tabagisme pur et consommation d’alcool rend l’analyse complexe, le risque existe bel et bien.
- L’exposition aux radiations ionisantes, notamment à un jeune âge ou avant 40 ans. Ces rayonnements ont un effet cumulatif, et le CIRC reconnaît leur capacité à déclencher des processus cancéreux.
- Le travail de nuit, reconnu comme cancérogène probable (groupe 2A). Les perturbations du rythme circadien, provoquant une hausse de la mélatonine, favorisent une production accrue d’œstrogènes, susceptible d’alimenter la maladie.
- Le contact avec certains produits chimiques. À ce jour, 127 substances, dont beaucoup présentes dans les pesticides et les dioxines, sont identifiées comme perturbateurs endocriniens. Elles influent directement sur la synthèse des hormones et peuvent favoriser le développement de tumeurs mammaires.
Cancer du sein et de la prostate : Sont-ils liés ?
Impossible d’ignorer la dimension hormonale. Près de 90% des cancers masculins dépendent des hormones. Le cancer de la prostate et le cancer du sein partagent un terrain commun : la mutation des gènes BRCA1 et BRCA2. Pour un homme porteur de cette mutation et ayant eu un cancer de la prostate, le risque de développer un cancer du sein grimpe à 7%. Cette connexion génétique mérite d’être connue, tant pour le dépistage que pour la vigilance médicale.
Traitement du cancer du sein chez l’homme
La stratégie thérapeutique chez l’homme reprend les mêmes bases que pour les femmes. La chirurgie reste le pilier de la prise en charge, généralement associée à une chimiothérapie, une radiothérapie ou une hormonothérapie selon le profil tumoral. La combinaison des traitements dépend de la sensibilité du cancer aux hormones ou à d’autres paramètres biologiques.
On ne le répétera jamais assez : le cancer du sein n’est pas réservé aux femmes. Si la maladie reste rare chez l’homme (moins de 1% des cas), elle n’en est pas moins grave. La génétique et l’environnement jouent un rôle dans son apparition, et le diagnostic tombe le plus souvent autour de 60 ans, avec un pic à 71 ans. Le tableau clinique est discret : gonflement sous le mamelon, écoulements ou inversion du mamelon, généralement sans douleur. Face à ces signes, consulter un spécialiste s’impose, sans attendre. L’indifférence ou la gêne pourraient coûter cher. Parfois, un simple doute peut changer le cours d’une vie.

