Adam Driver dévoile pourquoi Hannah et Adam ne pouvaient pas former un couple

Six saisons, des montagnes russes émotionnelles et, au centre, un duo impossible à ignorer : Hannah Horvath et Adam Sackler. Avant que le casque de Kylo Ren ne vienne masquer son visage, Adam Driver incarnait ce partenaire à la fois imprévisible, intense, et déconcertant dans « Girls », la série signée Lena Dunham. Beaucoup y ont cru, certains ont espéré, mais la trajectoire de leur couple était déjà tracée : collision, et non fusion.

Dès leurs premiers échanges, le ton était donné. Hannah, avide d’attention, posait ses attentes sur la table, crues et sans filtre. « Je veux juste quelqu’un qui veut traîner tout le temps, et qui pense que je suis la meilleure personne au monde, et qui veut avoir de l’amour seulement avec moi. » Une confession balancée à Adam au cœur de la saison 1, brute, presque naïve. Leur complicité n’a pourtant jamais vraiment trouvé d’équilibre : traversée de regards fuyants, de malentendus, d’élans contrariés, et pourtant, une tension, persistante, les ramenait sans cesse l’un vers l’autre.

Difficile d’ignorer la scène finale de la saison 2, où Adam, déterminé, court littéralement vers Hannah pour la sortir de l’étau de ses angoisses. Deux personnages que tout oppose, mais qui, par la force des choses, se retrouvent toujours dans l’orbite l’un de l’autre. Peu importe le nombre d’histoires, de tentatives, de séparations, leur trajectoire suit un étrange magnétisme. Pourtant, quelque chose cloche : l’alchimie n’aboutit jamais.

La dernière saison de « Girls » ne cherche pas à offrir de happy end factice. Lena Dunham opte pour une rupture franche, douloureuse, dans l’épisode « What Will We Do This Time About Adam ». Adam, après avoir replongé dans les souvenirs de leur relation à travers le tournage d’un film, croise Hannah dans une bodega et, dans un élan, propose de l’aider à élever son futur enfant. Mais la réalité finit par s’imposer : leur histoire n’a pas d’avenir.

Hannah, cérébrale ; Adam, instinctif, deux mondes séparés

Au fond, la dynamique entre Hannah et Adam tient à cette opposition radicale : elle pense, lui agit. Hannah envisage un moment qu’Adam puisse être là, auprès d’elle et du bébé, mais dès qu’elle se retrouve face à elle-même, la certitude s’impose : ce n’est pas la vie qu’elle désire.

Adam Driver n’a jamais caché son admiration pour la finesse de l’écriture de Dunham. « J’adore », confiait-il à Larry King, saluant la façon dont la série laissait place à l’expérimentation et à la sincérité. Cette subtilité, on la retrouve dans la façon dont la série explore la distance qui sépare Hannah et Adam. « Il y a toujours ce courant sous-jacent entre eux : il pense qu’elle vit trop dans sa tête, elle pense qu’il vit trop dans son corps », expliquait Driver à The Daily Beast.

L’acteur, vu aussi bien dans « House of Gucci » que sur la scène de Broadway, défend l’idée qu’une relation solide repose sur une connexion entre la réflexion et l’instinct. Adam Sackler, lui, rêve d’une histoire viscérale, charnelle, sans faux-semblant. Hannah, elle, se perd dans ses pensées, et laisse filer le présent sans vraiment s’y attarder.

Engagement : Adam fonce, Hannah hésite

Les allers-retours dans leur histoire n’ont rien changé : la fracture reste la même. Adam fonctionne à l’engagement total, sans détour. Pour Driver, c’est limpide : « Adam respecte profondément ceux qui s’engagent dans quelque chose, pour le meilleur ou pour le pire, et qui vont au bout. » Hannah, elle, ne sera jamais cette personne.

Adam n’a pas eu peur de changer de cap, plusieurs fois même : menuisier improvisé, acteur acharné, père potentiel… Mais chaque fois, il se jette à corps perdu dans la nouvelle aventure, jusqu’à l’épuisement. « Je crois qu’il ne veut pas faire semblant », explique Driver, toujours à The Daily Beast. « Quand Adam s’engage, il est entier. »

À l’inverse, Hannah multiplie les déclarations flottantes, les hésitations, les paroles qui sonnent à côté de la plaque. Ce décalage, profond, a condamné leur relation à l’échec, quel que soit le nombre de tentatives. Deux trajectoires qui se croisent, mais ne fusionnent jamais vraiment.

Adam et Hannah, c’est l’histoire de deux solitudes qui se frôlent sans jamais parvenir à s’assembler. Parfois, la fiction s’autorise à ne pas réparer les cœurs brisés. Et c’est peut-être là que la série touche juste.